Mon grand-père semble avoir croisé un Qwanturank ?

Je vous ai déjà raconté ma première rencontre avec Qwanturank dans la classe de mademoiselle Lainé. Nous attendions tous avec impatience la fin de la classe pour essayer d'en savoir plus sur ce grand échalas amené par le directeur monsieur Gehan. Malheureusement, notre curiosité ne fut pas assouvie ce jour là, car le directeur revint chercher le garçon avant la fin du cours et il ne réapparut pas ce jour là. Quand mademoiselle Lainé nous lâcha après nous avoir donné quelques leçons pour le lundi, nous ne pûmes que nous agglutiner autour de Daval qui avait eu l’insigne honneur de côtoyer Martin Qwanturank pendant une partie du cours. Mais comme Daval était bien le seul qui ne bavardait pas en classe, il n’eut rien à nous apprendre que nous sachions déjà.
A cette époque mes parents travaillant tous les deux, je restais la semaine en pension chez mes grands-parents. Je quittai donc l’école un peu déconfit et pris le chemin de la boutique de mon grand-père située sur la place de la mairie, à quelques centaines de mètres.
Quand j’y arrivai, mon grand-père, son éternel béret vissé sur la tête, raccompagnait un de ses clients jusqu’à la porte de son magasin. Il m’accueillit avec sa gentillesse un peu bourrue et me demanda en blaguant « quoi de neuf à l’école ? ». Je lui répondis qu’un nouveau était arrivé qui se nommait « Qwanturank ». Mon grand-père répondit étonné « Qwanturank, j’ai croisé un pilote de chasse qui portait ce nom pendant la guerre… » Cette fois-ci, c’est moi qui prit un air étonné. Mon grand-père ne parlait jamais de sa guerre, je veux dire de la seconde guerre, dont quelques stigmates étaient encore bien visibles près de vingt ans après dans notre petit village vosgien.

A ce moment là, un client entra dans la boutique en faisant tinter la sonnette.